Gombrowicz écrivait dans la préface de La Pornographie:
«Être un homme cela veut dire ne jamais être soi-même».

C’est ce principe d’incertitude qui se prolonge dans mon travail.
Une gymnastique, un grand écart; une longue préparation
mais pas de règles ni de méthodes, juste cette conscience aiguë
de l’aspect transitoire des choses, de leur cours ou flux.
Ce travail s’envisage alors comme une réflexion sur l’identité des choses,
les notions de valeur, d’effacement et d’identité, à rebours de toute logique autoritaire.

Le travail prend alors diverses formes - sans hiérarchie et sans médium de prédilection.
Les matériaux utilisés sont considérés sous un aspect sans qualité et pauvre,
embellis par des jeux de surface : émaillage pour la terre, brûlure ou oxydation
pour le métal, transferts et décoloration sur les tissus et les matières plastiques...
Le temps de l’exposition est finalement l’occasion de privilégier des installations
où «sample et mix» produisent leur effet de brouillage des sources,
contournant les formes conventionnelles de construction narrative
pour explorer d’autres modes d’apparition du sens:
déplacement, superposition, projection, association ou combinaison aléatoire.

«Ce qui compte, disait Gilles Deleuze dans Dialogues, c’est le devenir- présent:
la géographie et pas l’histoire, (...), l’herbe qui est au milieu et qui pousse par le milieu,
et pas les arbres qui ont un faîte et des racines. Toujours de l’herbe entre les pavés.»


CVO, 2018